La rationalité et l'irrationalité dans les négociations climatiques : vers une théorie générale de la rationalité appliquée dans les négociations climatiques
(Rationality and irrationality in climate negotiations : towards a general theory of rationality applied to the climate negotiations)

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Auteur(s):  Hiahemzizou, Rafik
Date de soutenance : 26/06/2019
Éditeur(s) : Université Lille1 - Sciences et Technologies 

Langue : Français
Directeur(s) de thèse :  Gallouj, Faïz
Laboratoire : Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé)
Ecole doctorale : École doctorale Sciences économiques, sociales, de l'aménagement et du management (Villeneuve d'Ascq)

Classification : Economie
Discipline : Science économique
Mots-clés : Rationalité instrumentale
Rationalité limitée
Climat -- Changements -- Et les négociations -- Prise de décision
Rationalité économique
Théorie des jeux
Heuristique
Cognition distribuée
Choix collectif

Résumé : Dans cette thèse, nous parcourons la rationalité, la rationalité limitée et l’irrationalité dans les négociations climatiques. Nous avons commencé notre enquête en étudiant la rationalité instrumentale ou substantive des parties dans les négociations climatiques en supposant que ce type de rationalité intervient lorsque les agents dans les négociations agissent et se comportent comme étant des individus animés par des motivations économiques, politiques et sociales reflétant les conditions et les intérêts de leurs pays respectifs. Leur objectif étant la maximisation du profit. Ensuite, nous avons évoqué la théorie des jeux qui est une extension de la rationalité instrumentale dans un environnement marqué par une interaction entre plusieurs individus. Là encore, la rationalité instrumentale s’impose dans les négociations mais les acteurs tiennent compte des positions des autres individus dans le cadre d’accords non-coopératifs. Nous avons étudié un cas particulier qui est l’accord de Paris en tant qu’accord non-coopératif par excellence. Comme entrée de jeu dans le monde de la rationalité limitée et l’irrationalité, nous avons évoqué les paradoxes qui surgissent dans les jeux et nous les avons appliqués aux négociations climatiques à travers des expériences de pensée inspirées des expériences réelles effectuées par les auteurs et qui tendent à montrer que le but des acteurs n’est pas toujours la maximisation du profit. Dès lors que l’insuffisance des capacités cognitives et les facteurs psychologiques déterminent le choix et le comportement des agents, nous avons abordé les travaux de Kahneman et de Tversky sur les heuristiques en les appliquant aux négociations climatiques. Mais en exprimant le doute sur la présence dominante de ces heuristiques dans les décisions, les choix et le comportement des agents dans les négociations climatiques, nous avons critiqué cette approche psychologique. Cette critique nous a amené à voir que finalement l’approche fondationnelle de la rationalité limitée d’Herbert Simon ne s’applique pas vraiment à ce type de négociation. Si la rationalité substantive est inévitable dans l’explication des choix et des décisions des agents, comment alors résoudre le problème de l’insuffisance dans les capacités cognitives des agents qui est à la base de la rationalité limitée ? La solution qui a été adoptée est de recourir à une approche originelle qui consiste à énoncer que les agents compensent ces limites en puisant dans les ressources cognitives de l’environnement mais aussi en exploitant les possibilités offertes par le partage et la distribution de la cognition entre plusieurs agents dans les négociations climatiques. Cette approche a été bien vérifiée dans ces négociations. En récapitulant tous ces enseignements, nous avons conclu que les Etats-parties sont animés d’une rationalité instrumentale dès le départ des négociations et avant même de négocier et devant l’absence d’une autorité régissant le climat. Cette rationalité n’est limitée ni par l‘interaction avec d’autres agents comme l’explique la théorie des jeux ni par les facteurs psychologiques. Ces derniers n’interviennent que de manière fragmentaire et partielle. Par conséquent, la rationalité substantive basée sur la maximisation du profit reste entièrement valable dans les négociations climatiques.


Résumé (anglais) : In this thesis, we explore the rationality, the limited rationality and the irrationality in the climate negotiations. We began our investigation by studying the instrumental or substantive rationality of the parties in the climate negotiations, assuming that this type of rationality occurs when the agents in the negotiations act and behave as individuals driven by economic, political and social motives reflecting the conditions and interests of their respective countries. Their goal is maximizing profit. Then, we examine the game theory as an extension of the instrumental rationality evolving in an environment charaterised by an interaction between several individuals. Here again, instrumental rationality is essential in the negotiations, but the actors take into account the positions of other individuals in the framework of non-cooperative agreements. We have studied a particular case, which is the Paris Agreement as a non cooperative agreement. Given the latest developments of the game theory, which involve limited rationality and the irrationality, we have evoked the paradoxes that arise in the games. We have applied them to climate negotiations through thought experiments inspired by the real experiences cited in the literature, which tend to show that the goal of the actors is not always the maximization of profit. Since the inadequacy of cognitive abilities or psychological factors determines in large part the choice and behavior of agents, we have used the work of Kahneman and Tversky on heuristics by applying those heuristics to climate negotiations as a real manifestation of irrationality and psychological trend in the agent behavior. At this stage, some doubts arise about the real presence of these heuristics in decision process, choices and behavior of agents in climate negotiations. Thus, we criticized this psychological approach in an effort, which led us to see that ultimately Herbert Simon’s foundational approach to limited rationality, does not really apply to this type of negotiation. If substantive rationality is inevitable in the explanation of agents' choices and decisions, then how can the problem of insufficiency in the cognitive capacities of agents which is at the basis of limited rationality be solved? The solution that has been adopted is to use an original approach, which consists in stating that agents compensate for these limits by using the cognitive resources of the environment but also by exploiting the possibilities offered by cognition distribution and sharing between several agents in climate negotiations. Such approach was fully applied to climate negotiations. We concluded that States Parties are influenced by instrumental rationality from the outset of negotiations and even before negotiations, and in the absence of a climate international regulator. This rationality is not limited by interaction with other agents as explained by game theory or by psychological factors. The latter intervene only in a fragmentary and partial way. Therefore, substantive rationality based on profit maximization remains fully valid in climate negotiations.


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