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Stress, gestation et réponse allostasique chez le rat

/ Darnaudéry Muriel / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 2007
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L'exposition à un environnement hostile produit chez les organismes vivants une série de réponses organisées ayant pour but d'augmenter les chances de survies. Ces réponses constituent la réponse au stress, qui résulte d'adaptations multiples sur le plan comportemental, neuronal et hormonal, aboutissant à un nouvel état d'équilibre nommé « allostasie » . Chez les mammifères, un environnement de stress précoce lors du développement peut exercer une influence à long terme sur l'adaptation future de l'individu, voire sur celles des générations suivantes. J'ai rejoint fin 1999 l'équipe de Stefania Maccari, où j'ai intégré la thématique du stress prénatal (induit par la contention maternelle chronique lors de la gestation) qu'elle développait sous l'impulsion de Michel Le Moal, depuis 1992 à Bordeaux et depuis 1998, à Lille. Mes activités de recherche, portent sur l'analyse des effets chez le rat, de l'exposition à des stress précoces (période périnatale) et tardifs (chez l'adulte), sur les capacités d'adaptations tout au long de la vie. J'encadre des travaux sur 2 thématiques complémentaires: 1) Thème « Stress in utero et surcharge allostasique à l'âge adulte: évaluation du stress prénatal en tant que modèle animal pour l'étude de la dépression, du stress post-traumatique, du vieillissement cognitif et la vulnérabilité aux drogues ». ; 2) Thème « Gestation, stress et charge allostasique chez la mère : recherche des origines des désadaptations de la descendance ». Les travaux menés par l'équipe de Stefania Maccari suggéraient que le stress prénatal constituait un modèle animal pertinent pour la dépression. Dans le cadre de la thèse de Sara Morley-Fletcher, nous avons évalué, en collaboration avec les laboratoires Servier, la sensibilité de ce modèle aux antidépresseurs (tianeptine, imipramine) et démontré qu'il possédait une bonne validité prédictive. Par ailleurs, grâce à une collaboration avec des cliniciens spécialistes du psychotrauma (Pr P Thomas, Pr G Vaiva, Dr Ducros, CHU Hôpital Fontan, Université de Lille 2), nous avons développé un modèle animal d'Etat de Stress Post-Traumatique chez la femelle rat. Dans le cadre de la thèse d'Hélène Louvart, nous avons mis en évidence qu'un stress intense à l'âge adulte (choc électrique inévitable) induisait de profondes altérations comportementales et neuroendocrines à long terme. En particulier, un stress intense provoque des perturbations de l'axe corticotrope proches de celles observées chez les sujets qui développent un état de stress post-traumatique après exposition à un trauma, à savoir une augmentation du rétrocontrôle de l'axe corticotrope. Dans ce modèle, le stress prénatal exacerbe certains désordres comportementaux (sensibilisation du comportement de peur) et endocrines. Plus récemment, dans le cadre du travail de thèse de Vincent Van Waes et du séjour post-doctoral de Mihaela Enache, en collaboration avec des cliniciens spécialisés dans les dépendances (équipe du Pr M Lhermitte, CHU Calmette, Université de Lille 2), nous avons initié des travaux sur la vulnérabilité à l'alcool chez le rat adolescent ayant subi un stress prénatal. Nous avons mis en évidence une sensibilité différentielle aux effets de l'éthanol chez les rats exposés à un stress prénatal. Ainsi, un stress précoce est associé à une hypo-réponse de l'axe corticotrope après une administration d'alcool lors de l'adolescence. De plus, nous avons observé que la prise spontanée d'alcool après un stress intense à l'âge adulte était modulée par le stress précoce. Mes activités de recherche ont également permis de démontrer que la gestation constituait une période critique à haute charge allostasique pour la mère et était associée à de profonds changements de la fonction hippocampique en période peripartum. Par ailleurs, nous avons observé qu'un stress chronique lors de la gestation avait des conséquences neurobiologiques durables sur le comportement émotionnel de la mère lors de la lactation et plusieurs semaines après. Mes travaux ont contribué à mettre en évidence qu'un stress à des périodes critiques de la vie produisait une empreinte permanente sur l'individu. L'ensemble des études menées m'a permis d'être co-auteur de 24 publications dans des revues internationales depuis 2000. J'ai participé à l'encadrement de 3 étudiants en formation doctorale sur des projets de recherches financés (S. Morley-Fletcher, H. Louvart et V. Van Waes) et au recrutement de 2 chercheurs post-doctoraux (M. Enache et C. Laloux).

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