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Question sociale, question médicale : la professionnalisation de la prise en charge des personnes sans-domicile en France

/ Schlegel Vianney / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 30-09-2019
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Alors que le nombre de personnes sans-domicile n’a cessé d’augmenter depuis les années 1980, la « question SDF » a fait l’objet d’une réponse sociopolitique de plus en plus spécialisée. Afin d’analyser cette réponse, la thèse étudie la professionnalisation de la prise en charge des personnes sans-domicile en France. Elle s’appuie sur une enquête ethnographique et par entretiens (n=77) réalisée dans divers dispositifs d’accompagnement et de soins : accueil de jour, centre de santé, dispositifs de veille sociale et sanitaire, hébergements médicalisés ou non, réunions et commissions partenariales. Des analyses statistiques et archivistiques complètent l’analyse. L’étude restitue d’abord le rôle déterminant des professionnels de santé dans la formation d’un espace pluridisciplinaire et spécialisé de prise en charge. Elle se focalise ensuite sur le quotidien du travail d’accompagnement et de soin : à travers une division du travail originale, travailleurs sociaux et professionnels de santé sont engagés dans des relations de coopération et de concurrence pour répondre aux problèmes qu’ils ont à traiter. L’analyse se concentre finalement sur les modalités de régulation et d’harmonisation des pratiques et des représentations professionnelles. La formation d’une culture professionnelle commune facilite les échanges et les passages de relais entre professionnels, tout en réaffirmant les domaines de compétences de chacun. Inscrite au croisement de la sociologie des groupes professionnels et de la sociologie des politiques sociales, la thèse montre la multiplicité des mécanismes et des processus à l’œuvre dans la professionnalisation de la prise en charge des sans-domicile. Celle-ci forme une juridiction partagée entre les professionnels du travail social et de la santé qui luttent, coopèrent et se coordonnent selon des modalités et des temporalités diverses pour prendre en charge la question SDF.

Éducation, protection et contrôle de la jeunesse : contribution à une sociologie des professionnel-le-s de la prise en charge socio-judiciaire

/ Houadfi Saïda / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 04-07-2019
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"C'est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c'est notre regard aussi qui peut les libérer." Amin Maalouf, Les identités meurtrières, 1998. Ces trois dernières décennies ont vu une juxtaposition de dispositifs censés répondre à la délinquance juvénile. Notre thèse est une réflexion sur le traitement de celle-ci par une partie des acteurs et des actrices de la chaîne de la réaction sociale, sur la conception et la configuration de la justice des mineur-e-s, tant au civil qu’au pénal. Elle se fonde sur la façon dont les professionnel-le-s de l’éducation, notamment, déterminent et président aux choix institutionnels de réponses à cette question éminemment sociale et indubitablement politique. Si, en droit, la loi pénale se dote de spécificités en fonction de l’âge, elle se doit d’être aveugle au sexe, au genre et à l’ethnie. En effet, dans sa conception, en tant qu’institution, mais surtout en tant qu’idéal, la justice vise à dépasser l’arbitraire. Par le biais des institutions chargées de sa matérialité, par les acteurs et actrices de celles-ci, et les actes par lesquels s’opérationnalise le contrôle de la jeunesse, elle n’est, toutefois, étanche ni au système patriarcal, ni au prisme de l’ethnicisation. En dépit de l’expression de volontés manifestes d’égalité, les pratiques et discours des professionnel-le-s rencontré-e-s témoignent d’une mise en œuvre différenciée, selon les représentations véhiculées et portées sur tel ou tel marqueur identitaire, donnant à l’application de ces politiques de protection ou de punition de la jeunesse, un genre ou encore une coloration ethnique qui se superposent, voire s’entremêlent. En s’acquittant de l’apprentissage de la conformité aux mineur-e-s confié-e-s sur décision judiciaire, les professionnel-le-s participent à la perpétuation d’assignations pré déterminées : les mécanismes de (re) production institutionnelle de sous catégories révèlent alors un net écart entre le traitement des garçons et celui des filles. Ils dévoilent, par ailleurs, les tensions soutenues entre injonction à l’individualisation des réponses et difficulté à dépasser la dichotomie féminin/masculin, figeant, en quelque sorte, dans un registre biologique, les grilles d’analyse des comportements des adolescent-e-s. S’il s’agit, pour les un-e-s comme pour les autres, de rectifier les processus d’intériorisation de normes sociales en échec et de former des sujets responsables de leurs actes, le prisme du genre divulgue le laborieux ou plus précisément, l’impossible pari de l’individualisation. Il met ainsi en lumière un contrôle différencié des garçons et des filles qui, pour les premiers, s’élabore à partir de l’acte de délinquance, mais qui, pour les secondes, est davantage guidé par une idée si ce n’est une idéologie de la féminité. Les trajectoires individuelles s’en trouvent impactées : là où les filles voient les leurs possiblement réversibles, les garçons sont, en quelque sorte, « condamnés à la pénalité ». Le genre offre, par ailleurs, en sa qualité de catégorie d’analyse, l’opportunité d’observer une division sexuée des tâches entre hommes et femmes au travail. De surcroit, par le truchement de l’intersectionnalité, la mobilisation du versant ethnique connote les prises en charge. Une modélisation des pratiques des professionnel-le-s se dessine alors, témoignant de la difficulté à accompagner dans les processus de socialisation, la formation de l’individualité et l’émergence d’une conscience apte à faire des choix. Pour rendre possible la relation éducative, quelles sont les pratiques effectives ? Quelles contraintes reposent sur les acteurs et les actrices ? Quelles sont les incidences que cette modélisation induit sur les jeunes ?

La rationalité et l'irrationalité dans les négociations climatiques : vers une théorie générale de la rationalité appliquée dans les négociations climatiques

/ Hiahemzizou Rafik / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 26-06-2019
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Dans cette thèse, nous parcourons la rationalité, la rationalité limitée et l’irrationalité dans les négociations climatiques. Nous avons commencé notre enquête en étudiant la rationalité instrumentale ou substantive des parties dans les négociations climatiques en supposant que ce type de rationalité intervient lorsque les agents dans les négociations agissent et se comportent comme étant des individus animés par des motivations économiques, politiques et sociales reflétant les conditions et les intérêts de leurs pays respectifs. Leur objectif étant la maximisation du profit. Ensuite, nous avons évoqué la théorie des jeux qui est une extension de la rationalité instrumentale dans un environnement marqué par une interaction entre plusieurs individus. Là encore, la rationalité instrumentale s’impose dans les négociations mais les acteurs tiennent compte des positions des autres individus dans le cadre d’accords non-coopératifs. Nous avons étudié un cas particulier qui est l’accord de Paris en tant qu’accord non-coopératif par excellence. Comme entrée de jeu dans le monde de la rationalité limitée et l’irrationalité, nous avons évoqué les paradoxes qui surgissent dans les jeux et nous les avons appliqués aux négociations climatiques à travers des expériences de pensée inspirées des expériences réelles effectuées par les auteurs et qui tendent à montrer que le but des acteurs n’est pas toujours la maximisation du profit. Dès lors que l’insuffisance des capacités cognitives et les facteurs psychologiques déterminent le choix et le comportement des agents, nous avons abordé les travaux de Kahneman et de Tversky sur les heuristiques en les appliquant aux négociations climatiques. Mais en exprimant le doute sur la présence dominante de ces heuristiques dans les décisions, les choix et le comportement des agents dans les négociations climatiques, nous avons critiqué cette approche psychologique. Cette critique nous a amené à voir que finalement l’approche fondationnelle de la rationalité limitée d’Herbert Simon ne s’applique pas vraiment à ce type de négociation. Si la rationalité substantive est inévitable dans l’explication des choix et des décisions des agents, comment alors résoudre le problème de l’insuffisance dans les capacités cognitives des agents qui est à la base de la rationalité limitée ? La solution qui a été adoptée est de recourir à une approche originelle qui consiste à énoncer que les agents compensent ces limites en puisant dans les ressources cognitives de l’environnement mais aussi en exploitant les possibilités offertes par le partage et la distribution de la cognition entre plusieurs agents dans les négociations climatiques. Cette approche a été bien vérifiée dans ces négociations. En récapitulant tous ces enseignements, nous avons conclu que les Etats-parties sont animés d’une rationalité instrumentale dès le départ des négociations et avant même de négocier et devant l’absence d’une autorité régissant le climat. Cette rationalité n’est limitée ni par l‘interaction avec d’autres agents comme l’explique la théorie des jeux ni par les facteurs psychologiques. Ces derniers n’interviennent que de manière fragmentaire et partielle. Par conséquent, la rationalité substantive basée sur la maximisation du profit reste entièrement valable dans les négociations climatiques.

The pathway of achieving the universal health coverage in Ghana : the role of social determinants of health and “health in all policies”

/ Asomaning Antwi Abena / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 29-03-2019
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Le concept de Couverture Santé Universelle (CSU) est désormais mondialement accepté comme un moyen de fournir équitablement des soins de santé aux populations. Découlant du troisième Objectif de développement durable des Nations Unies (ODD). Le Ghana, a lancé en 2003 sa propre forme de couverture sanitaire universelle en créant un Régime national d’assurance maladie et la mise en œuvre de services de santé extrahospitaliers de proximité (community-based). Cependant, après plus d'une décennie de mise en œuvre, la CSU ghanéenne a stagné. Afin de comprendre et d’expliquer ce phénomène, cette recherche examine la mise en œuvre du Régime national d’assurance maladie ghanéen du point de vue des déterminants sociaux de la santé. Il étudie ses implications pour la croissance (en termes d’inscription et de renouvellement) dans le cas où le principe complémentaire de promotion de la santé dans toutes les politiques publiques, pour prendre en compte le rôle des déterminants sociaux de santé. L’étude repose sur une méthode essentiellement qualitative, complétée par des données quantitatives. L’analyse permet de soutenir empiriquement l’argument d’une meilleure prise en compte des déterminants sociaux de santé au Ghana. La recherche montre également que l’existence d’une tension entre une approche purement volontaire de la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle et l’approche quasi obligatoire adoptée au Ghana. En conclusion, la recherche montre que la stratégie actuelle adoptée par le Ghana, n’est pas financièrement soutenable.

Les dynamiques collectives en contexte post-conflit : réflexions sur une résilience socialement soutenable

/ Archambaud Lise / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 17-12-2018
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Cette thèse aborde la notion de résilience en contexte post-conflit, à l’échelle des organisations locales. L’émergence de différents foyers de conflit a mis en exergue l’incapacité de certains Etats à assurer à leurs populations l’accès à des infrastructures et services fondamentaux. Les financements extérieurs n’étant pas en mesure de couvrir tous les besoins, ce sont alors les mécanismes de solidarité locaux qui sont promus. Après des chocs de grande ampleur, les dynamiques collectives sont perçues comme les moyens du relèvement. Il s’agit pour nous d’évaluer ces collectifs, c’est dire d’analyser les processus de structuration qui conduisent à l’action collective mais aussi les fonctions qui leur sont attribuées par leurs membres afin de comprendre leurs trajectoires. La mise à l’agenda de la notion de résilience pour penser le relèvement au sein des institutions internationales se heurtent à deux principaux écueils, premièrement celui de sa conceptualisation et deuxièmement celui de son opérationnalisation, écueils que nous tentons de dépasser dans ce travail. Comprise comme un processus, la résilience peut être articulée d’une part avec la notion de soutenabilité sociale, et d’autre part avec l’approche par les capabilités. Au travers d’une analyse menée sur trois terrains de recherche affectés par de graves crises socio-politiques, nous proposons d’identifier les fondements de la résilience collective socialement soutenable à l’échelle des organisations locales.

L’habitat participatif au prisme de ses acteurs : une analyse des mécanismes d’institutionnalisation et des effets relationnels appuyée sur deux opérations lilloises

/ Magnier Jeoffrey / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 12-12-2018
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Cette thèse porte sur le processus d’institutionnalisation de l’habitat participatif, mettant en question la conjonction d’intérêt des acteurs associatifs et politiques qu’il connait depuis le début des années 2010. Ces initiatives citoyennes, apparues vers le milieu des années 2000 sous des appellations diverses, se sont unifiées sous le vocable « habitat participatif » en 2010, manifestant ainsi la volonté d’apparaitre en un mouvement unique et revendicatif de valeurs sociales et environnementales accrues par rapport au parc de logement traditionnel. Ces opérations ne sont cependant pas les premières du genre avec des formes proches de projets émergeants dès la fin des années 1970, jusqu’au milieu des années 1990 sous des appellations diverses, guidés par l’action collective : habitat groupé autogéré, habitat groupé ou encore habitat partagé. Au-delà de la différence générationnelle, ce travail met l’accent sur les mécanismes de transformations temporels, sociaux et politiques du mouvement de l’habitat participatif, ainsi que sur leurs effets sur les acteurs impliqués. Durant cinq ans, l’étude s’est nourrie d’une enquête sur deux opérations de la Métropole Lilloise ayant émergé dans ces deux contextes historiques, permettant ainsi d’alimenter les analyses fondées sur une méthodologie qualitative variée (entretiens, observations, analyse documentaire). Pour mieux caractériser les opérations françaises et leurs évolutions, le choix a été fait de les mettre en perspective avec les exemples du Danemark et du Canton de Genève. S’inscrivant dans une sociologie de la ville, avec une orientation théorique et méthodologique inspirée par l’interactionnisme sans pour autant s’y enfermer, la thèse propose une analyse historique et thématique de la genèse de la construction allant des implications historiques du vivre ensemble et de la conception du commun, à la construction associative à travers les décennies. Le détour génésiaque s’offre ainsi comme un préalable indispensable pour comprendre les mécanismes d’action et leurs effets sur les acteurs politiques et professionnels dont les pratiques et les usages sont ancrés dans un monde où l’habitant reste souvent une figure mineure de la participation. C’est l’habitant-acteur qui fait l’objet du dernier axe de ce travail, dans la dimension individuelle, mais également collective : d’une part pour saisir les motifs d’implication dans ces projets alternatifs de long-terme, d’autre part, pour mettre en lumière les modifications induites dans la vision et les pratiques habitantes.

La mobilité pastorale en République Centrafricaine : une stratégie d’adaptation soutenable ?

/ Tidjani Ibrahim / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 05-12-2018
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Pays pourtant aux énormes potentialités favorables au développement du pastoralisme, la République Centrafricaine est confronté depuis plus d’une décennie déjà à une situation de crise prolongée accentuée par une grave crise sécuritaire et humanitaire en 2013. Cette crise a lourdement affectée le secteur agricole dont l’élevage pastoral demeure l’une des composantes les plus importantes. Aujourd’hui comme par le passé, les éleveurs s’organisent pour faire face à ces chocs et la mobilité a été pendant très longtemps la stratégie principale de réponse. Toutefois du fait de l’ampleur des récentes crises et leurs conséquences, cette question cruciale nous revient toujours : la mobilité pastorale est-elle la clé de l’adaptation et du maintien du pastoralisme en RCA ? Cette thèse qui s’appuie sur deux études de cas centrée sur des données qualitatives se propose de répondre à cette question centrale en étudiant les systèmes d’élevage pastoraux, notamment les stratégies d’adaptation des ménages éleveurs dans un contexte de mobilité pastorale et de pays en situation de post-conflit. La recherche a été menée dans deux campements pastoraux situés dans la sous-préfecture de Birao (Terfel) et celle de Bambari (Bangui-Banda). Elle montre que la mobilité est loin de toucher à sa fin et qu’elle revient avec force comme la principale stratégie dans la situation de grande crise sécuritaire telle que celle vécue par la RCA en 2013. Il résulte aussi de cette thèse qu’une meilleure compréhension des systèmes pastoraux passe par une mobilisation des enjeux locaux.

Sociologie des arbitres de football en France : singularités d’un groupe en construction

/ Le Tiec Lucie / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 21-09-2018
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Le développement du football, en imposant l’instauration d’une autorité neutre susceptible de garantir l’ordre et l’équité des matchs, contraint les dirigeants du football français à intégrer une figure singulière dans leur organisation : celle de l’arbitre. Reposant sur une analyse d’archives, des entretiens et une immersion de 10 années dans le milieu de l’arbitrage dont 4 en observation participante, cette thèse retrace le processus d’un siècle de structuration et d’administration de l’arbitrage du football en France ayant conduit à l’émergence d’un groupe des arbitres de football traversé par des logiques antagonistes. Le processus d’institutionnalisation et de régulation interne de la pratique permet aux arbitres de revendiquer une position spécifique, d’acquérir une légitimité et une reconnaissance sociales. A travers l’élaboration d’un cadre fortement normatif et d’un dispositif de socialisation processuel, l’institution peut compter sur des arbitres convaincus de leur utilité sociale et disposés à exercer l’autorité pour imposer leur décision, tout en faisant preuve de docilité et d’obéissance à l’égard des dirigeants de la Fédération française de football. Le travail d’unification et de représentation effectif et nécessaire à la formation du groupe s’avère, en revanche, impuissant à empêcher les clivages en son sein. La segmentation s’intensifie à mesure que l’arbitrage s’institutionnalise et que la professionnalisation est prise en charge. L’homogénéisation du groupe est faible. Cette différenciation interne fait naître une divergence d’intérêts a priori communs aux arbitres et entraîne une segmentation associative et même syndicale déterminante dans l’élaboration récente du statut juridique des arbitres. En dépit du travail de définition sociale dont le groupe fait l’objet, la diversité des arbitres représentés, semble entraver son existence.

Changer le travail ou changer la société ? Les hackers entre conformation à l’ordre social et volonté d’innover

/ Zufferey Eric / Université Lille1 - Sciences et Technologies, Université de Fribourg (Suisse) / 25-01-2018
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Cette thèse vise à interroger le hacking comme source de changement social, voire de subversion de l’ordre social. En mettant en jeu une forme d’autodidaxie et un décloisonnement social entre amateurs, professionnels et militants, il fait espérer des changements dans l’accès aux savoirs, ainsi que dans les manières de penser le rôle de la technologie au sein de nos sociétés. Dans le prolongement d’une sociologie bourdieusienne, l’enquête analyse comment la pratique du hacking s’articule aux instances classiques de la socialisation – famille, amis, institutions scolaires, etc. – et examine quels types de mobilité sociale elle produit. En partant des cas de hackers suisses et français, nous montrons que l’autodidaxie se décline différemment selon l’origine sociale et la trajectoire : elle permet les trajectoires les plus ascendantes lorsqu’elle se combine avec la culture scientifique légitime. En cela, les hackers n’échappent à la pesanteur des rapports sociaux de classes, alors même qu’ils développent une propension à transférer leurs manières d’agir et de penser atypiques dans différentes sphères d’activités. La thèse montre que le travail est la principale cible de leurs investissements. Les succès ou les échecs à innover dans la sphère professionnelle expliquent pour une large part les investissements des hackers dans des activités de loisirs, des associations ou des formes de militantisme. Les implications dans la sphère politique restent limitées et ponctuelles, car y accéder suppose d’autres ressources que celles possédées par les hackers. Mettant en évidence la diversité du hacking, ce travail permet d’appréhender la complexité de ses potentiels impacts sociétaux.

A crippled revolution : rise and transformation of Maoist revolution in Nepal

/ Khattri Guman Singh / Université Lille1 - Sciences et Technologies / 15-12-2017
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Cette thèse étudie comment la révolution maoïste a évolué au Népal et comment, au fil du temps, elle a dévié de sa direction politique et militaire et s'est complètement suspendue. En examinant les documents historiquement importants et les points de vue, les représentations et les idées des acteurs maoïstes des points de vue marxiste, structurel et politique, cette thèse montre que la période d'un système politique fermé sous une autorité monarchique autoritaire a fourni un terrain fertile à la montée des maoïstes portant un objectif idéologique de briser l'Etat existant et d'établir un nouvel ordre démocratique, qui a mis en œuvre la révolution armée dans la structure politique, économique et militaire relativement ouverte et partiellement réformée des années 1990. L'analyse du cours de la révolution suggère que la révolution a connu une forte progression principalement en raison des intérêts conflictuels et des contradictions entre les principales forces politiques. En effet, la participation active de l'Inde, des Etats Unis d’Amérique et du Royaume-Uni au Népal a contraint les maoïstes à stopper leur révolution, abandonnant leur objectif et leurs stratégies. Cette thèse montre enfin que bien que les maoïstes et d'autres partis politiques aient réussi à abolir la monarchie, ils ont échoué à entreprendre les politiques et les programmes radicaux promis pendant la guerre. En examinant de manière critique les politiques maoïstes et les trajectoires des acteurs impliqués dans la révolution, cette recherche montre que les incohérences dans les objectifs, les stratégies, la culture et la politique des Maoïstes sont responsables de leur échec à transformer la structure étatique existante et la nature de l'économie.

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